| Né à Vienne, en 1881, dans une famille de la
grande bourgeoisie juive, Stefan Zweig se passionne très jeune
pour la poésie, la littérature et le théâtre. Ami de Rilke, de
Freud, d'Emile Verhaeren, et de Romain Rolland, il est un
humaniste sincère et un pacifiste très attaché à la culture
européenne . L'atmosphère cosmopolite de la Vienne des
Habsbourg développe chez lui le goût des voyages, et toute sa
vie il parcourra les pays d'Europe, l'Amérique du Nord, le
Mexique, Cuba, les Indes, Ceylan et l'Afrique... A ce
pacifiste féru d'échanges intellectuels au delà des
nationalités, la première guerre mondiale fait l'effet d'un
traumatisme. Au lendemain de celle-ci, Zweig connaît un
succès international qui jamais ne le grisera . Comme l'écrit
Dominique Bona dans la biographie qu'elle lui consacre
(Stefan Zweig, l'Ami blessé) : "Au contraire de poètes
imbus de leur génie et de leur personne, narcisses amoureux de
leur image et de leur moindre écrit, Zweig est un artiste dont
l'humilité est sincère et qui évite de s'admirer lui-même.
Selon le mot de Gorki, "il ne se préfère pas". Capable de
rester ouvert aux autres et d'admirer leur talent, il sera le
moins égocentrique des écrivains. "
Ses recueils (Amok 1922 ; La Confusion des
sentiments, 1926, Légendes ; 1931) révèlent sa
maîtrise de l'analyse des sentiments troubles, des secrets
dévastateurs et un regard critique sur la morale sociale. Il
donne aussi des essais sur Balzac, Dickens et Dostoïevski,
incarnations majeures selon lui de l'Europe culturelle
(Trois Maîtres, 1919), sur Hölderlin, Kleist et
Nietzsche (Lutte avec les démons, 1925) et aussi sur
des destins sacrifiés (Marie-Antoinette, Marie Stuart,
Magellan…)
En 1933, Hitler est nommé chancelier en
Allemagne. C'est l'année de l'adaptation cinématographique de
sa nouvelle Brûlant secret qui attise la colère des
nazis. Ils ne supportent ni le livre, ni le film. Un autodafé
des livres de Stefan Zweig a lieu à Berlin. Son opposition au
régime hitlérien se manifeste aussi en 1934 dans son Érasme
: grandeur et décadence d'une idée, qui révèle ses
convictions humanistes. Cette même année, Stefan Zweig vient
s'installer à Londres pour y poursuivre la préparation de sa
biographie de Marie Stuart. Son séjour ne semble avoir aucun
motif politique, mais bientôt l'invasion de l'Autriche par les
troupes de Hitler et son annexion par l'Allemagne nazie le
dissuadent de rentrer dans son pays.
En 1939, Sigmund Freud dont Stefan Zweig fut
un proche, meurt à Londres ; ce dernier rédige et lit son
oraison funèbre. Après un séjour à New York en 1940, Stefan
Zweig s'établit au Brésil en 1941 où Il espère encore trouver
la paix de l'esprit . Il rédige le Joueur d'échecs et
un essai biographique sur Montaigne. En février 1942, Stefan
Zweig choisit la seule issue, pour lui, à un pessimisme
profond. Avec son épouse, ils s'empoisonnent ensemble : pour
se soustraire à la vie sans brutalité….
Résumé
de Vingt-quatre heures de la vie d’Une femme de
Stefan Zweig
à lire :
Dominique Bona : Stefan Zweig, l'Ami blessé ( Plon, 1996)
Serge Niemetz ; Stefan Zweig, Le Voyageur et ses
mondes (Livre de Poche, Editions Belfond,
1996) |