La Traversée Centrale des Pyrénées

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La situation et les prévisions

Le trafic terrestre de marchandises entre péninsule ibérique et le reste de l’Europe approche aujourd’hui les 70 millions de tonnes, répartis entre 8% par le train et 92 % par la route. En moyenne plus de 15000 camions traversent chaque jour les Pyrénées dont 90 % par les deux passages côtiers de Biriatou (Atlantique) et du Perthus (Méditerranée). La moitié des passages correspond à des transports de longue distance et de transit sur la France.

Ce trafic est nettement supérieur au trafic transalpin entre France et Italie et rejoindra bientôt la totalité des échanges e l’Italie avec la France, l’Autriche et la Suisse. Ceci pour un nombre de traversées bien inférieur. Compte tenu des progressions en cours, en 2015 la moyenne peut monter à 30 000 camions-jour.

C’est le scénario de l’asphyxie. En termes de sécurité, de coût économique et humain, d’impact environnemental, il est insoutenable.

  

Le projet : la traversée centrale des Pyrénées sur un axe européen

Une étude a été commandée en 1995 par la Communauté de Travail des Pyrénées (C.T.P) quant à la faisabilité d'un tunnel de basse altitude pouvant accueillir une ligne mixte pour les trains de voyageurs (200kms/heure) et le trafic lourd de marchandises (140km/h) y compris le ferroutage.

L'étude a dégagé quatre variantes possibles. Selon les critères de la géologie, de l’environnement, du coût et du génie civil, le tracé Pierrefitte-Nestalas –Biescas dit du « Vignemale » est placé en tête dans les études réalisées pour la Communauté de Travail Pyrénéenne. Elle comprend un tunnel de 40 kms pour un coût de 37,5 milliard de francs.

Le projet de traversée n’est pas une simple agrafe pyrénéenne. C’est un maillon d’une vaste diagonale reliant le sud-ouest de l'Europe au reste de l’Europe :

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Historique du Projet de Traversée Centrale des Pyrénées

 

Juin 1982, Jaca

Conférence des régions pyrénéennes.

M. Sergio Campo Ruperez, ingénieur des Ponts et Chaussé lance l’idée de la construction d’une ligne ferroviaire nouvelle entre Sabinanigo-Biescas et Pierrefitte-Nestalas par un tunnel de basse altitude (408 m) sur 40 Km.

 

 

Septembre 1990

M. François Pomes, dans un article de « la Vie du Rail » intitulé «Comment franchir les Pyrénées », relance l’idée d’une telle traversée centrale avec arrivée à Saragosse de l’écartement UIC (Union Internationale des Chemins de Fer).

 

 

Dans le même temps,

Roger Miqueu développe la même idée dans la presse régionale.

 

 

Avril 1995 Cauterets

La Communauté de Travail des Pyrénées, CTP, (Région Midi-Pyrénées et Diputacion général de Aragon), décide de faire procéder à une étude, laquelle est confiée à la Société SETEC, associée au cabinet espagnol EYSER.

 

 

Mai 1995 Bruxelles

Rapport sur les réseaux transeuropéens de transport : un amendement concernant la Traversée Centrale est déposé par plusieurs députés européens français et espagnols.

 

 

Décembre 1995

Cet amendement est voté.

 

 

Pendant ce temps,

la CTP incite des scientifiques de toute l’Europe à se réunir sur le projet. Un Conseil Scientifique est constitué dont l’objet est de réfléchir au projet, à son tracé, au coût. Il rassemble 22 membres de nationalités différentes : France, Espagne, Portugal, Allemagne, Autriche, Suisse, Grande-Bretagne, Belgique.

 

 

Juin 1996 Tarbes

Création de l’association Pyrénées-Trans-Fer entre les CRCI de Bordeaux, Toulouse, les CCI de Saragosse, Huesca, Pau, Tarbes. L’objet en est la promotion du projet TCP et spécialement de l’option Tarbes-Pierrefitte-Biescas-Hescas.

 

 

Décembre 1996 Barcelone

Les résultats de l’étude des sociétés SETEC et EYSER sont présentés à la CTP, résultats selon lesquels il est opportun de lancer une étude de faisabilité de la TCP par un tunnel ferroviaire de basse altitude.

 

 

Juillet 1997

Livre blanc du Pr Etchelecou (Université de Pau). Il étudie les caractéristiques du trafic entre la France et l’Espagne. Il note que 80 % de ce trafic est constitué par du fret de longue distance et que la moitié du trafic est formé de marchandises transitant en France. Il prévoit, avec l’augmentation des flux de transport intra-communautaire notamment avec la péninsule ibérique, la saturation à court terme des flux routiers. Il confirme l’intérêt du choix du ferroutage.

 

 

1998 La Rochelle

Sommet franco-espagnol. Est créé l’Observatoire des flux d’échanges entre la France et l’Espagne sur tous les modes de transport. Il est confié à M. Becker, inspecteur général des Ponts et chaussées.

 

 

Mai 1998

Le Congrès des Députés espagnols vote des résolutions sur l’inscription au réseau européen des Transports du «projet Vignemale » qualifié de « meilleures vertébration du territoire national ». Ces propositions sont reprises en Aragon, particulier par M. Santiago Lanzuela, Président du Gouvernement de la Communauté autonome.

 

 

Janvier 1999 Tarbes

Colloque « laTraversée Centrale des Pyrénées » organisé par CONFONTATIONS-PYRENEES. Sont représentés : la D.G.7 (Transport) de la Commission européenne, les régions Aquitaine et Midi-Pyrénées, le Conseil Economique et Social de Midi-Pyrénées, le Laboratoire économique des transports de Lyon, la société Alstom , la Direction Régionale de la SNCF, l’Université de Pau et des Pays de l’Adour. Sont lus des messages de soutien du Maire de Huesca et du Directeur de l’Aménagement du territoire de l’Aragon.

 

 

Avant la fin 2000, M. Becker et M. Vasquez, correspondant du gouvernement espagnol, remettront les premières réflexions de l’Observatoire Franco-Espagnol des trafics transpyrénéens. Ils proposeront aux deux ministres (de l’Equipement et des Transports en France, du Développement en Espagne), les orientations à mettre en œuvre à court, moyen et long terme, pour les franchissements pyrénéens notamment dans la zone centrale, dans une perspective de rééquilibrage du trafic vers le ferroviaire et le ferroutage.